Les pourboires sont exonérés d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales jusqu’au 31 décembre 2028.[2] Mais pas pour tout le monde : le salarié doit gagner au plus 1,6 SMIC par mois, hors pourboires.[1]
Alors, votre serveuse, votre barman ou votre coiffeuse sont-ils concernés ? Faites le test, salarié par salarié.
En bref :
- Le plafond est de 1,6 SMIC par mois, soit 2 987,23 € brut pour un temps plein depuis le 1er juin 2026 (SMIC de 1 867,02 € brut).[1][6]
- Il se calcule sans les pourboires et, pour un temps partiel, sur la durée de travail prévue au contrat, heures complémentaires ou supplémentaires comprises.[1]
- Sous le plafond, les pourboires sont exonérés d’impôt et de cotisations ; au-dessus, ils restent dus en entier au salarié mais sont imposables et soumis à cotisations.[1][3]
- Base légale : article 5 de la loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021, prolongé jusqu’au 31 décembre 2028 par l’article 5 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026.
Le simulateur
Indiquez le salaire mensuel brut, sans les pourboires, et le nombre d’heures travaillées par semaine.
Votre salarié est-il concerné ?
Le plafond est de 2 987,23 € brut par mois pour un temps plein (1,6 SMIC).
Plafond calculé avec le SMIC en vigueur depuis le 1er juin 2026 (1 867,02 € brut pour 35 h), ramené à la durée de travail pour un temps partiel. Estimation indicative : votre expert-comptable confirme la situation de chaque salarié.
Le plafond en un coup d’œil
Le plafond suit le SMIC. La loi l’apprécie sur la base de la durée légale du travail ou de la durée prévue au contrat, augmentée des heures complémentaires ou supplémentaires (sans leurs majorations) : pour un salarié à temps partiel, il est donc ramené à son nombre d’heures.[1][4]
| Durée de travail | Plafond mensuel brut (hors pourboires) |
|---|---|
| 35 h par semaine (temps plein) | 2 987,23 € |
| 30 h par semaine | 2 560,48 € |
| 28 h par semaine | 2 389,79 € |
| 24 h par semaine | 2 048,39 € |
| 20 h par semaine | 1 706,99 € |
Calcul : 1,6 × SMIC mensuel brut (1 867,02 € depuis le 1er juin 2026), au prorata des heures pour un temps partiel.
Trois exemples pour y voir clair
Léa, serveuse à temps plein, 2 100 € brut par mois. Elle est sous le plafond : ses pourboires sont exonérés. Chaque euro laissé par un client est un euro dans sa poche.
Karim, chef de rang à temps plein, 3 150 € brut par mois. Il dépasse le plafond : ses pourboires sont imposables et soumis à cotisations. Ils lui reviennent quand même en entier.[3]
Inès, coiffeuse à 24 h par semaine, 1 400 € brut par mois. Pour un temps partiel, le plafond est réduit à proportion des heures, mais son salaire l’est aussi : elle reste largement en dessous. Ses pourboires sont exonérés.
Questions fréquentes
Le plafond se calcule-t-il avec ou sans les pourboires ?
Sans. La loi prévoit que les sommes versées comme pourboires « ne sont pas prises en compte pour l’appréciation du seuil de rémunération » (loi n° 2021-1900, article 5, II B). On regarde donc la rémunération mensuelle brute hors pourboires : les pourboires ne font jamais dépasser le plafond.
Les heures supplémentaires comptent-elles ?
Oui pour les heures, non pour les majorations. Le SMIC de référence est calculé sur la durée légale ou contractuelle, augmentée des heures complémentaires ou supplémentaires, sans tenir compte de leurs majorations.[1] Un salarié qui fait des heures supplémentaires a donc un plafond un peu plus élevé : indiquez dans le simulateur ses heures réellement travaillées.
Que se passe-t-il au-dessus du plafond ?
Le pourboire reste au salarié, en entier : le Code du travail (article L3244-1) l’impose. Il est simplement imposable et soumis aux cotisations, comme un salaire. Le plafond s’apprécie mois par mois : un salarié peut être exonéré certains mois et pas d’autres.[1] Dans tous les cas, l’employeur ne peut rien garder : voir le patron peut-il garder les pourboires ?
Le plafond change-t-il en cours d’année ?
Oui, à chaque revalorisation du SMIC. Le SMIC est passé de 1 823,03 € à 1 867,02 € brut par mois le 1er juin 2026 : le plafond est ainsi passé de 2 916,85 € à 2 987,23 € brut pour un temps plein.[6] Le simulateur et le tableau ci-dessus utilisent le SMIC en vigueur, et nous les mettons à jour à chaque changement.
Quels pourboires sont concernés ?
Seulement les pourboires volontaires du client, par carte comme en espèces, remis directement au salarié ou à l’employeur qui les reverse au personnel en contact avec la clientèle. Un « service compris » ajouté d’office à l’addition n’en fait pas partie (Urssaf).
À noter : ce simulateur donne une estimation. Votre expert-comptable peut vous confirmer la situation de chacun de vos salariés.
Et pour recevoir ces pourboires par carte ?
La plupart des clients n’ont plus de monnaie. Avec MoneyTips, le pourboire est proposé directement sur votre terminal de paiement PAX, au moment du paiement par carte. Il est attribué à un employé ou partagé avec l’équipe, et la commission est facturée à part à l’établissement : le pourboire arrive en entier à vos salariés.
Découvrir le pourboire sur TPE · Lire : l’exonération prolongée jusqu’à fin 2028 · Lire : le patron peut-il garder les pourboires ?
Sources officielles
Textes et pages consultés le 4 novembre 2026 :
- Loi n° 2021-1900 du 30 décembre 2021 de finances pour 2022, article 5 (Légifrance) : conditions de l’exonération, plafond de rémunération apprécié hors pourboires.
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026, article 5 (Légifrance) : prolongation jusqu’au 31 décembre 2028.
- Code du travail, article L3244-1 (Légifrance) : reversement intégral des pourboires au personnel.
- Les pourboires exonérés (Urssaf) : seuil de 1,6 SMIC et pourboires concernés.
- Prorogation jusqu’au 31 décembre 2028 de l’exonération des pourboires, ACTU-2026-00064 (BOFiP, impots.gouv.fr).
- Le SMIC augmente au 1er juin 2026 (Code du travail numérique) : SMIC de 1 867,02 € brut par mois.